0. Préambule: Un processus d’écriture ouverte

Comment écrire un livre sur la stigmergie ? Je me suis longtemps posé la question et j’ai mis du temps à trouver la réponse. Écrire un livre sur un sujet de coopération sans en mettre une dose aurait manqué de sens. Le processus d’écriture va se placer dans le paradigme qu’il décrit: celui d’une coopération ouverte qui laisse des traces et se construit par l’agrégation successive d’actions de multiples agents. En préambule, voici quelques précisions sur les principes derrière le processus d’écriture qui vous permettra de voir « par dessus mon épaule », ce que j’écris et ce sur quoi je m’appuie pour l’écrire.

 

Matériel source partagé (pour une recherche ouverte)

Je publierai régulièrement et au fur et à mesure de l’écriture les chapitres, mais aussi le matériel qui a servi à la rédaction à la fois sous forme classique (bibliographie, livres, articles de recherche, sources,…).

Ceci vous permettra de ne pas avoir à me croire sur parole, mais d’avoir un regard bienveillant et critique pour des discussions éclairées.

Graines d’informations (pour faciliter la réappropriation)

Conscient qu’il est extrêmement difficile de se réapproprier les écrits d’une autres personne et intéressé par les façons de mutualiser des contenus pour une innovation sociale ouverte, je m’intéresse depuis longtemps aux moyens pour faciliter le partage et la réappropriation.

J’en profite pour expérimenter avec vous l’usage de « graines d’informations« , c’est à dire des éléments synthétiques ciblés sur certains aspects du sujet plus digestes que des pages ou des ouvrages entiers. Au delà de mon écriture, ces éléments permettront aux contriblecteurs qui le souhaitent, d’approfondir ou de réinterpréter mes travaux en s’appuyant directement sur les sources ou encore de produire des contenus dérivés.

Subjectivité explicite (plutôt que fausse objectivité)

Croyant religieusement dans l’objectivité, la connaissance, beaucoup de chercheurs pensent avoir un point de vue neutre et objectif. Or l’histoire montre que le paradigme dans lequel opère les chercheurs influence leur croyances, donc leur recherche et leurs interprétations [source].

Plutôt que de prétendre à une pseudo-objectivité, il me semble donc important d’être ouvertement subjectif et d’essayer de préciser et de clarifier mes partis pris.

Le paradigme dans lequel je me place en écrivant cet ouvrage est celui d’une approche écosystémique qui considère le monde comme un ensemble de systèmes interconnectés et interdépendants.

Dans ce cadre de pensée, nul ne peut prétendre avoir toute la vérité lui tout seul et plusieurs points de vue peuvent co-exister sans être mutuellement exclusifs (voir la fable des aveugles et de l’éléphant).

Exploration dialogique (plutôt que dialectique)

Pour le sociologue Richard Sennett, nos conversations peuvent suivre deux voies différentes.

La voie dialectique qui porte sur le jeu verbal des contraires qui graduellement permet de construire une synthèse.

La voie dialogique, elle, consiste plutôt en un échange mutuel pour lui-même, plus à l’écoute de l’autre, rebondissant sur les expériences de l’autre d’une manière plus ouverte.[http://www.internetactu.net/2012/05/09/technologies-et-cooperation/ ]

La voie dialogique me semble plus adaptée à description de phénomènes complexes où une seule vérité/interprétation ne suffit à décrire le phénomène. Plutôt que de rechercher une vérité absolue, on accepte les ambiguïtés et on cherche à avoir une compréhension de plusieurs angles de vue même quand ceux-ci semblent contradictoires a priori.

Point de vue méta (pour du recul sur l’écrit)

Quand on écrit un ouvrage, on cherche généralement à être exhaustif (ou en donner l’impression) et on révèle rarement les failles dans le raisonnement et les réflexions bancales, même quand on est conscient.

Je prends ici le parti pris d’une écriture duale où chaque chapitre sera accompagné d’une courte synthèse « méta », un point de vue pour prendre de la hauteur sur mon écriture. Je tenterai d’y résumer ce que j’ai voulu faire passer et les points qui me semblent incomplets ou nécessitant une amélioration. Les commentaires seront ouverts pour permettre aux contriblecteurs d’apporter des idées et de nourrir la réflexion.

Copies nombreuses (pour ne pas réinventer l’existant)

Je ne chercherai pas a tout réinventer mais au contraire à m’appuyer au maximum sur l’existant grâce au droit de courtes citations. Ainsi certains passages présentés sont des copies et des citations reproduites sans honte mais, au contraire, avec fierté avec chaque fois que c’est possible une citation des sources.

Il y a un enjeu majeur à réinventer nos modes de travail collectifs et s’appuyer explicitement sur la copie n’est que l’un des nombreux changement de notre façon de pensée qui est nécessaire.

Licence libre CC-BY-SA

L’ensemble du contenu, mis à part les citation d’autres auteurs sera sous licence libre CC-BY-SA ce qui vous permet de les partager et de le réutiliser librement selon les conditions suivantes:

Paternité – Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 France (CC BY-SA 3.0). Plus d’information ici.

Photo par Aaron Burden via Unsplash

 

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